
La pomme de terre : pas vraiment ma meilleure copineâŠ
mais par quoi la remplacer ?
La pomme de terre et moi, câest une histoire compliquĂ©e. Parce que soyons clairs : jâaime la pomme de terre. En purĂ©e. En gratin. RĂŽtie au four. En frites â je suis belge, quand mĂȘme. đ§đȘđ
Mais lorsquâon essaie de manger IG bas, low-carb ou cĂ©to, elle devient nettement moins facile Ă caser dans lâassiette.
Alors faut-il lui dire adieu pour toujours ?
Pas forcément.
Mais comprendre ce quâelle contient, pourquoi elle fait rapidement grimper la glycĂ©mie et surtout par quoi on peut la remplacer permet de faire des choix beaucoup plus intĂ©ressants.
Et bonne nouvelle : entre le chou-fleur, la courgette, le cĂ©leri-rave, le navet et notre bon vieux navet jaune â alias rutabaga, on a largement de quoi sâamuser.
đ„ Mais quâest-ce quâelle a, cette pauvre pomme de terre ?
La pomme de terre nâest Ă©videmment pas un « mauvais aliment ».Elle apporte notamment du potassium, de la vitamine C et diffĂ©rents micronutriments.
Le problĂšme, dans une alimentation oĂč lâon cherche Ă limiter lâimpact glycĂ©mique, vient surtout de sa richesse en amidon.
Une pomme de terre cuite Ă lâeau contient environ 15,8 g de glucides pour 100 g selon les donnĂ©es issues de la table CIQUAL de lâANSES.
Et contrairement Ă ce que le mot « glucides » pourrait laisser penser, il ne sâagit pas principalement de sucre au goĂ»t sucrĂ©.
đ Une grande partie de ces glucides est constituĂ©e dâamidon.
Et lâamidon, quâest-ce que câest ? Câest une longue chaĂźne de molĂ©cules de glucose. Lors de la digestion, les enzymes dĂ©coupent ces chaĂźnes et libĂšrent le glucose, qui peut alors passer dans le sang.
Et avec la pomme de terre cuite, cet amidon peut ĂȘtre particuliĂšrement accessible aux enzymes digestives.
Voilà pourquoi une pomme de terre qui ne semble absolument pas « sucrée » peut néanmoins provoquer une réponse glycémique importante.
đ La pomme de terre a-t-elle toujours un IG Ă©levĂ© ?
VoilĂ oĂč cela devient intĂ©ressant. Il serait beaucoup trop simpliste d’Ă©crire : « L’IG de la pomme de terre = X. »
Parce qu’il n’existe pas UN index glycĂ©mique de la pomme de terre. Il varie notamment selon :
- la variété ;
- la maturité ;
- le mode de cuisson ;
- la transformation de l’aliment ;
- la température à laquelle elle est consommée ;
- et mĂȘme la composition du repas qui l’accompagne.
Les valeurs publiĂ©es peuvent donc Ă©normĂ©ment varier. Une revue scientifique rapporte par exemple des pommes de terre bouillies avec des IG allant d’environ 56 Ă plus de 100 selon les variĂ©tĂ©s et les conditions de prĂ©paration.
đ Retenons donc surtout ceci : la pomme de terre est gĂ©nĂ©ralement un aliment assez riche en glucides et souvent Ă IG moyen Ă Ă©levĂ©, ce qui explique qu’elle soit difficile Ă intĂ©grer rĂ©guliĂšrement dans une alimentation low-carb et, plus encore, cĂ©togĂšne.
âïžÂ Mais⊠la pomme de terre froide serait-elle plus intĂ©ressante ?
Ahhhhh. VoilĂ le petit dĂ©tail qui change les choses. đ
Lorsqu’on cuit une pomme de terre, son amidon se gĂ©latinise : il devient gĂ©nĂ©ralement plus facilement accessible aux enzymes digestives. Mais lorsqu’on la laisse ensuite refroidir, une partie de cet amidon se rĂ©organise.
C’e st ce qu’on appelle la rĂ©trogradation de l’amidon.Une partie devient alors de l’amidon rĂ©sistant de type 3.
Résistant à quoi ?
Ă notre digestion dans l’intestin grĂȘle.Il se comporte davantage comme une fibre : il arrive en partie dans le cĂŽlon, oĂč il peut ĂȘtre fermentĂ© par le microbiote.
ConsĂ©quence intĂ©ressante : đ la rĂ©ponse glycĂ©mique peut ĂȘtre plus faible lorsque la pomme de terre cuite a Ă©tĂ© refroidie.
Dans une Ă©tude, des pommes de terre rouges bouillies consommĂ©es chaudes prĂ©sentaient un IG d’environ 89, contre environ 56 lorsqu’elles Ă©taient consommĂ©es froides. Mais attention : les rĂ©sultats diffĂšrent fortement selon les variĂ©tĂ©s et les prĂ©parations.
Une autre Ă©tude a montrĂ© que le refroidissement pouvait diminuer l’IG de 0 Ă 50 % selon la variĂ©tĂ© de pomme de terre.
DoncâŠ
đ„ Cuire â refroidir â manger plus tard : intĂ©ressant ? Oui.
đ„ Cela transforme 200 g de pommes de terre en aliment cĂ©to ? Non. đ
Et c’est une nuance importante. Le refroidissement ne fait pas disparaĂźtre tous les glucides de la pomme de terre. Il modifie la digestibilitĂ© d’une partie de son amidon.
Pour quelqu’un qui mange IG bas ou modĂ©rĂ©ment low-carb, c’est une stratĂ©gie intĂ©ressante.
En céto strict, la quantité consommée reste déterminante.
đ„ŠÂ Alors⊠par quoi remplacer la pomme de terre ?
C’est finalement lĂ que ça devient amusant.
Parce que plutĂŽt que d’essayer dĂ©sespĂ©rĂ©ment de faire entrer une grosse pomme de terre dans une petite enveloppe glucidique⊠on peut changer de lĂ©gume.
Et certains font remarquablement bien le boulot.
Petit comparatif
| Aliment cuit | Glucides pour 100 g* | Ma petite idée |
| đ„ Pomme de terre Ă l’eau | â 15,8 g | La rĂ©fĂ©rence⊠mais trĂšs glucidique |
| đĄ Rutabaga cuit | â 4,3 g | â Excellent substitut |
| đ± CĂ©leri-rave cuit | â 4,6 g | â PurĂ©es, gratins, frites |
| đ„Ź Navet cuit | â 3,1â3,8 g | â TrĂšs polyvalent |
| đ„ Courgette rĂŽtie | â 3,1 g | â Gratins et accompagnements |
| đ„Š Chou-fleur cuit | â 1,6 g | âââ Champion de la purĂ©e |
* Valeurs pour 100 g d’aliment prĂ©parĂ©, issues de la table de composition CIQUAL de l’ANSES ; elles peuvent varier selon la prĂ©paration exacte.
Quand on met les chiffres cÎte à cÎte, la différence devient assez parlante.
đĄÂ 1. Le rutabaga : mon « navet jaune »
Chez nous, je l’appelle volontiers navet jaune. Mais son petit nom officiel est le rutabaga.
Et franchement, il mĂ©rite qu’on le ressorte du placard de nos grands-mĂšres.
Cuit, il tourne autour de 4,3 g de glucides pour 100 g, soit prĂšs de quatre fois moins que la pomme de terre cuite Ă l’eau.
Sa texture est ferme, légÚrement farineuse, avec une petite saveur douce.
đ Je l’aime particuliĂšrement :
- rĂŽti au four ;
- en frites ;
- en purée ;
- dans un gratin ;
- en cubes dans un plat mijoté.
Pour moi, c’est probablement l’un des meilleurs remplaçants quand on veut retrouver le cĂŽtĂ© âfĂ©culentâ de la pomme de terre.
đ„ŠÂ 2. Le chou-fleur : le roi de la fausse purĂ©e
Celui-là , en céto, on le connaßt. Mais il mérite sa réputation.
Le chou-fleur cuit contient environ 1,6 g de glucides pour 100 g dans l’entrĂ©e CIQUAL correspondante.
Et surtout, une fois bien préparé, il peut donner une purée incroyablement gourmande.
Mon truc ?
đ Chou-fleur bien Ă©gouttĂ©
đ beurre
đ crĂšme
đ parmesan
đ muscade
đ sel et poivre
Et surtout : ne pas le noyer dans l’eau.
Sinon on obtient une soupe qui avait des ambitions de purĂ©e. đ
đ±Â 3. Le cĂ©leri-rave : le sous-estimĂ©
Celui-ci mĂ©rite vraiment plus d’amour. Environ 4,6 g de glucides pour 100 g cuit selon CIQUAL.
Il fonctionne trĂšs bien :
đ en purĂ©e
đ en gratin
đ rĂŽti au four
đ en cubes
đ et mĂȘme façon frites
Son goĂ»t est Ă©videmment plus marquĂ© que celui de la pomme de terre. Mais associĂ© Ă de la crĂšme, du beurre, du fromage, de l’ail ou des herbesâŠil devient franchement trĂšs trĂšs sympa.
đ±Â 4. Le navet : celui auquel on ne pense pas assez
Le navet bouilli tourne autour de 3,2 g de glucides pour 100 g, avec trĂšs peu d’amidon mesurĂ© dans cette prĂ©paration.
Il est particuliÚrement intéressant dans :
- les plats mijotés ;
- les gratins ;
- les légumes rÎtis ;
- certaines purées mélangées.
Parce qu’il a davantage de caractĂšre, je prĂ©fĂšre parfois l’associer Ă un autre lĂ©gume plutĂŽt que d’en faire une purĂ©e 100 % navet.
đ„ 5. La courgette : pas la mĂȘme texture⊠mais tellement pratique
Alors non. Une courgette ne deviendra jamais une pomme de terre.
MĂȘme avec beaucoup d’imagination. đ Mais dans certains plats, on ne cherche pas rĂ©ellement le goĂ»t de la pomme de terre : on cherche surtout du volume et une texture qui accueille bien la sauce.
Et lĂ , la courgette est gĂ©niale.RĂŽtie, la valeur CIQUAL est d’environ 3,1 g de glucides pour 100 g.
Parfaite pour :
đ remplacer une partie des pommes de terre dans un gratin
đ accompagner une viande
đ servir de base Ă un plat crĂ©meux
đ ĂȘtre rĂŽtie avec huile d’olive, ail et parmesan
đ©âđłÂ Et si on mĂ©langeait ?
C’est peut-ĂȘtre ma solution prĂ©fĂ©rĂ©e.Parce qu’on n’est pas obligĂ© de chercher.  LE lĂ©gume qui reproduira parfaitement la pomme de terre. On peut jouer avec les textures.
Pour une purée
đ„Š chou-fleur + cĂ©leri-rave
đĄ rutabaga + chou-fleur
đ„ courgette + chou-fleur + parmesan
Pour un gratin
đĄ rutabaga + courgette + crĂšme + fromage
đ± cĂ©leri-rave + navet + parmesan
Pour des légumes façon potatoes
đĄ rutabaga + huile d’olive + paprika + ail
Pour un plat mijoté
đ± navet ou rutabaga Ă la place des pommes de terre
Et tout à coup, on ne mange plus un « substitut triste ». On mange simplement autre chose.
đ„ Alors, pomme de terre interdite ?
Non. Et vous me connaissez : je n’aime pas beaucoup le mot interdit.
Tout dĂ©pend de l’objectif.
đą En alimentation IG bas
Une petite portion de pomme de terre peut éventuellement trouver sa place, particuliÚrement dans un repas complet et, pourquoi pas, aprÚs cuisson puis refroidissement.
đ En low-carb
Cela dépendra essentiellement de la quantité totale de glucides de la journée. Les alternatives comme le rutabaga, le céleri-rave ou le navet permettent cependant des portions beaucoup plus confortables.
đŽ En cĂ©to strict
Là , la pomme de terre devient franchement difficile à caser réguliÚrement.
Avec environ 15,8 g de glucides aux 100 g, une portion de 200 g reprĂ©sente dĂ©jĂ plus de 30 g de glucides avant mĂȘme d’avoir comptĂ© le reste du repas.
Dans ce cas, chou-fleur, courgette, navet ou rutabaga seront généralement beaucoup plus simples à intégrer.
đ GoodFat GoodCarb : remplacer plutĂŽt qu’interdire
C’est finalement toute la philosophie que j’aime dans cette alimentation. Pas besoin de regarder tristement l’assiette des autres en pensant : « Moi, je ne peux plus manger ça. »
On peut plutÎt se demander : « Comment pourrais-je le cuisiner autrement ? »
- Une purée de chou-fleur bien beurrée.
- Un gratin de céleri-rave à la crÚme.
- Des frites de rutabaga au paprika.
- Des courgettes gratinées au parmesan.
- Ce n’est pas de la pomme de terre.
Et justement⊠ça peut ĂȘtre trĂšs bon aussi. đ

đ Et concrĂštement⊠on mange quoi Ă la place ?
Je vous ai prĂ©parĂ© un petit bonus avec 10 recettes GoodFat GoodCarb : purĂ©e de chou-fleur, frites de rutabaga, gratin de cĂ©leri-rave, rösti de courgette, croquettes de chou-fleurâŠ
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CétoCaro
Recettes et menus – GoodFat GoodCarb ©
đ Rappel important
Je ne suis ni mĂ©decin ni diĂ©tĂ©ticienne, ni nutritionniste. Les conseils partagĂ©s sur CĂ©toCaro sâappuient sur mon expĂ©rience personnelle et sur mes recherches approfondies autour de lâalimentation. Ils ne sauraient en aucun cas se substituer Ă un avis mĂ©dical. Je suis actuellement en formation en nutrithĂ©rapie au CFNA, un cursus passionnant qui alimente chaque jour mes contenus. Lâobtention de mon certificat est prĂ©vue pour octobre 2026. đ Avant dâenvisager une modification de votre alimentation ou de commencer un « rĂ©gime » â comme lâalimentation cĂ©togĂšne ou mĂȘme lâapproche GoodFat GoodCarb â il est essentiel de consulter un professionnel de santĂ©, notamment en cas de pathologie ou de traitement en cours.
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