
En ce moment, je devrais probablement avoir le nez exclusivement plongĂ© dans mes cours de nutrithĂ©rapie. đ
Lâexamen approche dangereusement â le 3 octobre prochain â et mon cerveau rĂ©clame parfois autre chose que des vitamines, des cofacteurs, des voies mĂ©taboliques et autres joyeusetĂ©s.
Alors pour me détendre, je lis. Oui, je sais.
Certaines personnes regardent une sĂ©rie. Moi, pour me changer les idĂ©es de la nutrithĂ©rapieâŠÂ je lis un bouquin sur la faim, lâinsuline, les hormones et le mĂ©tabolisme. (et je regarde des sĂ©ries aussi)
Chacun sa dĂ©finition de la dĂ©tente. đ Et le livre du moment, câest « DĂ©coder la faim » du Dr. Jason Fung.
Et autant vous dire quâil tombe particuliĂšrement bien dans ma vie actuelle.
đ Dr. Jason Fung, encore luiâŠ
Ce nâest pas ma premiĂšre rencontre avec le Dr Jason Fung.
Jâavais dĂ©jĂ beaucoup aimĂ© Les Lois de lâobĂ©sitĂ© ainsi que Le Guide complet du jeĂ»ne.
Jason Fung est un mĂ©decin nĂ©phrologue canadien, formĂ© notamment Ă lâUniversitĂ© de Toronto et Ă UCLA. Il sâest beaucoup intĂ©ressĂ© aux maladies mĂ©taboliques, au diabĂšte de type 2, Ă lâobĂ©sitĂ©, Ă lâinsuline et au jeĂ»ne intermittent.
Ce que jâapprĂ©cie particuliĂšrement chez lui, câest sa façon dâĂ©crire.
Les sujets sont scientifiques, parfois franchement complexes, mais il parvient à les rendre accessibles et compréhensibles sans les transformer en bouillie simpliste.
Il explique. Il donne des exemples. Il revient aux mécanismes. Et surtout, il pose souvent une question toute simple qui oblige à regarder le problÚme autrement.
Dans ce nouveau livre, la question pourrait se résumer ainsi :
Pourquoi avons-nous faim ?
- Pas seulement :Â quâest-ce que nous mangeons ?
- Pas seulement :Â combien de calories mangeons-nous ?
- Mais quâest-ce qui nous pousse rĂ©ellement Ă manger ?
Et là ⊠forcĂ©ment, ça mâa parlĂ©.
đ§ Parce que non, toutes les faims ne se ressemblent pas
Câest probablement lâidĂ©e qui mâintĂ©resse le plus pour le moment dans ma lecture. Jason Fung distingue trois grands types de faim : la faim homĂ©ostatique, la faim hĂ©donique et la faim conditionnĂ©e.
Dit comme ça, ça ressemble dĂ©jĂ un peu Ă mon examen de nutrithĂ©rapie. đ Mais en rĂ©alitĂ©, câest trĂšs concret.
đł 1. La faim physique ou homĂ©ostatique
C’est celle que l’on associe spontanĂ©ment au mot « faim ».
Le corps rĂ©clame de l’Ă©nergie. Cette faim est rĂ©gulĂ©e par tout un systĂšme biologique impliquant notamment le cerveau et diffĂ©rentes hormones liĂ©es Ă l’appĂ©tit et Ă la satiĂ©tĂ©, comme la ghrĂ©line.
C’est la faim qui monte progressivement. On mangerait volontiers un vrai repas.
Bref : j’ai faim parce que mon organisme me signale qu’il est temps de manger.
Jusque-lĂ , tout va bien. Sauf que⊠Nous ne mangeons Ă©videmment pas uniquement lorsque notre corps a besoin d’Ă©nergie.
Et c’est lĂ que les choses deviennent beaucoup plus intĂ©ressantes.
đ« 2. La faim Ă©motionnelle ou hĂ©donique
Vous venez de terminer le repas. Vous n’avez objectivement plus faim.
Et quelqu’un arrive avec un dessert… Ah ben finalement, si. đ
Ou cette envie de chocolat aprÚs une journée compliquée.
Le paquet de chips devant la télévision.
La glace parce que « franchement, aujourd’hui, je l’ai bien mĂ©ritĂ©e ».
Cette faim-lĂ n’est pas essentiellement liĂ©e Ă un besoin Ă©nergĂ©tique. Elle est liĂ©e au plaisir, Ă la rĂ©compense, au rĂ©confort.
C’est ce que Fung appelle la faim hĂ©donique.
Et c’est aussi lĂ qu’il s’intĂ©resse beaucoup aux aliments ultra-transformĂ©s : leur combinaison de textures, de goĂ»ts et de rĂ©compenses peut favoriser l’envie de continuer Ă manger alors mĂȘme que nos besoins Ă©nergĂ©tiques sont dĂ©jĂ couverts.
Et celle-là , personnellement⊠je la connais plutÎt bien.
C’est aussi pour cela que ce livre rĂ©sonne particuliĂšrement avec moi en ce moment. Parce qu’on peut connaĂźtre la nutrition.
On peut savoir parfaitement ce qu’est un glucide. On peut comprendre l’insuline, le GLP-1, la glycĂ©mie, les protĂ©ines, les lipidesâŠ
On peut mĂȘme prĂ©parer un examen de nutrithĂ©rapie. Et malgrĂ© tout cela, manger reste aussi un comportement humain, Ă©motionnel et profondĂ©ment liĂ© Ă notre quotidien.
La connaissance ne fait pas disparaßtre les émotions. Et je trouve plutÎt intéressant de remettre cela au centre de la réflexion.
đż 3. La faim environnementale, sociale⊠ou conditionnĂ©e
Et puis il y a celle que l’on remarque parfois encore moins.
Il est midi : on mange.
Cinéma = popcorn.
Apéro = quelque chose à grignoter.
Télévision le soir = petit snack.
Une odeur de croissant en passant devant une boulangerie = soudain, mystĂ©rieusement, nous avions faim. đ
Le Dr. Fung parle ici de faim conditionnée.
Notre cerveau apprend Ă associer certains lieux, certaines heures, certaines situations ou certains rituels avec la nourriture.
Ă force de rĂ©pĂ©tition, le contexte lui-mĂȘme peut devenir un signal dĂ©clencheur.
Et ça, je trouve ça passionnant. Parce que cela permet de regarder certaines envies différemment.
Ai-je réellement faim ?
Ou est-ce simplement l’heure Ă laquelle j’ai l’habitude de manger ?
Est-ce mon corps qui réclame quelque chose ?
Ou mon cerveau qui connaßt parfaitement le scénario :
canapé + Netflix = petit quelque chose ?
Rien que se poser la question peut dĂ©jĂ ĂȘtre intĂ©ressant.
đ€ Et si on arrĂȘtait de tout ramener Ă la volontĂ© ?
C’est probablement l’un des aspects du livre qui me parle le plus actuellement.
Lorsqu’on reprend du poids ou que notre alimentation part un peu en cacahuĂšte, le discours intĂ©rieur arrive trĂšs vite :
- Je manque de volonté.
- Je devrais me contrĂŽler.
- Je sais pourtant ce qu’il faut faire.
Or comprendre ces différents mécanismes permet de déplacer légÚrement la question.
Au lieu de demander uniquement : « Pourquoi est-ce que je mange trop ? » on peut essayer de demander : « Qu’est-ce qui me donne envie de manger maintenant ? »
- Une faim physique ?
- Une émotion ?
- Une recherche de plaisir ?
- Une habitude ?
- Mon environnement ?
- Un automatisme ?
Probablement parfois un joli mélange de tout cela.
Et attention : cela ne signifie pas que tout ce qu’avance Jason Fung doit ĂȘtre pris comme une vĂ©ritĂ© gravĂ©e dans le marbre.
Certains de ses raisonnements â notamment autour de l’insuline, du poids ou du jeĂ»ne â font l’objet de discussions scientifiques.
Mais j’aime justement lire ce genre d’ouvrage comme une grille de rĂ©flexion, Ă confronter Ă ce que j’apprends par ailleurs.
đ Si vous ne connaissez pas encore Jason FungâŠ
Deux autres livres peuvent ĂȘtre intĂ©ressants pour dĂ©couvrir son univers.
âïžÂ Les Lois de l’obĂ©sitĂ©
C’est probablement celui par lequel je commencerais.
Le Dr. Fung y remet en question l’idĂ©e que la prise de poids puisse se rĂ©sumer Ă une simple histoire de calories ingĂ©rĂ©es et dĂ©pensĂ©es.
Il s’intĂ©resse notamment Ă la rĂ©gulation hormonale du poids et Ă l’insuline.
MĂȘme lorsqu’on ne partage pas chacune de ses conclusions, le livre a un mĂ©rite : il oblige Ă rĂ©flĂ©chir au-delĂ du classique « mange moins, bouge plus ».
â±ïžÂ Le Guide complet du jeĂ»ne
Ici, évidemment, le sujet central est le jeûne.
Pourquoi jeĂ»ner ? Que se passe-t-il physiologiquement ? Quelles formes de jeĂ»ne existent ? Comment l’intĂ©grer concrĂštement ?
L’ouvrage aborde aussi les difficultĂ©s pratiques et les idĂ©es reçues autour du jeĂ»ne.
LĂ encore, ce que j’aime chez Fung, c’est cette capacitĂ© Ă expliquer la physiologie sans donner l’impression qu’il faut avoir fait mĂ©decine pour tourner la page suivante.
Et bien entendu, jeĂ»ner n’est pas adaptĂ© Ă tout le monde ni Ă toutes les situations mĂ©dicales. Un livre reste un outil d’information, pas une prescription personnalisĂ©e.
đ Ce que je retiens surtout pour le moment
Je n’ai pas encore terminé DĂ©coder la faim. Donc ceci n’est pas une critique dĂ©finitive du livre.
C’est plutĂŽt une rĂ©flexion en cours de lecture.
Et peut-ĂȘtre que dans quelques semaines, aprĂšs mon examen â quand mes neurones auront rĂ©cupĂ©rĂ© đ â j’aurai envie d’y revenir plus longuement.
Mais cette histoire des trois faims me donne dĂ©jĂ envie d’essayer quelque chose de trĂšs simple.
Lorsque l’envie de manger apparaĂźt en dehors d’un repas, plutĂŽt que de commencer immĂ©diatement par : « Est-ce que j’ai le droit de manger ça ? » essayer de commencer par : « De quelle faim ai-je faim ? »
- Physique ?
- Ămotionnelle ?
- Conditionnée ?
Pas pour culpabiliser. Pas pour forcément décider de ne pas manger. Juste pour comprendre.
Parce que finalement, apprendre Ă mieux manger passe peut-ĂȘtre aussi par lĂ : apprendre Ă mieux dĂ©coder ce qui nous donne envie de manger.
Et sur ce⊠Je retourne étudier ma nutrithérapie.
Enfin, aprĂšs encore un petit chapitre.
Promis. đđ

CétoCaro
Recettes et menus – GoodFat GoodCarb ©
đ Rappel important
Je ne suis ni mĂ©decin ni diĂ©tĂ©ticienne, ni nutritionniste. Les conseils partagĂ©s sur CĂ©toCaro sâappuient sur mon expĂ©rience personnelle et sur mes recherches approfondies autour de lâalimentation. Ils ne sauraient en aucun cas se substituer Ă un avis mĂ©dical. Je suis actuellement en formation en nutrithĂ©rapie au CFNA, un cursus passionnant qui alimente chaque jour mes contenus. Lâobtention de mon certificat est prĂ©vue pour octobre 2026. đ Avant dâenvisager une modification de votre alimentation ou de commencer un « rĂ©gime » â comme lâalimentation cĂ©togĂšne ou mĂȘme lâapproche GoodFat GoodCarb â il est essentiel de consulter un professionnel de santĂ©, notamment en cas de pathologie ou de traitement en cours.
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